Comme un ailleurs à l’autre bout d’un souvenir, un appel venu du large et porté par les vents. Il guide mes pas sur la plage de Grande Anse. Nous sommes au sud de la Réunion. Je quitterai l’île dans quelques semaines, sans que je ne le sache encore. Pour l’heure, j’observe les pêcheurs revenir au bercail après avoir bravé l’océan. Leurs barques de toutes les couleurs accostent le quai du petit port.
Je vois leur satisfaction se mêler à ces grimaces trahissant la pénibilité de leur tâche quotidienne. Je réalise la chance qui est la mienne de savourer le fruit de leur labeur. Finalement, je décide de me perdre dans le regard de l’un d’eux. Me voilà au beau milieu des profondeurs, nageant avec une raie. Je la façonnerai avec de l’acier, un matériau difficile à travailler. Une Raie d’acier, comme pour rendre hommage à ces efforts, et notamment à ceux de mes pêcheurs, qui ne sont jamais vains.