Comme si le manège de la vie n’était finalement qu’un prétexte pour déguster tous ses plaisirs, sans qu’on ne soupçonne leur existence. Initialement, j’avais dans l’idée de créer une toile entièrement blanche et de travailler ses textures, ses reliefs et ses finitions. Mais la vie s’en est mêlé. Elle est tout ce qu’on n’avait pas prévu, à l’instar de cet accident avec un pot de peinture bleue qui se déversa sur ma toile.
J’ai pris le temps de l’étaler avec mes cartes plastifiées. Le lendemain, j’ai poursuivi ma tâche en ajoutant d’autres teintes. J’avais l’impression de savourer plusieurs petits gâteaux délicieux l’un après l’autre. Peinte en 2017 alors que j’étais encore à la Réunion, Cheyenne doit son nom aux plumes des coiffes majestueuses des Indiens d’Amérique. Je les ai entrevues une fois la toile achevée. Elle évoque aussi la vitesse, le mouvement, une danse. Comme si le manège de la vie était en réalité une valse aux temps infinis.