Comme une toile sans histoire qui aurait, encore et toujours, des choses à nous dire. Je me souviens précisément du moment où elle est née. J’étais à la Réunion, sur une terrasse située dans les Hauts de Saint-Gilles. Je voyais la mer, au-delà de l’horizon, sans pour autant quitter ma bulle. J’avais laissé la matière et la peinture faire leur petit bonhomme de chemin, sans chercher à les orienter d’une quelconque manière.
J’ai travaillé cette toile sereinement. Je lui ai offert mes sens. J’ai tâché de préserver la moindre parcelle de son propre récit. Quelques jours plus tard, lorsque j’ai repris mes esprits, je lui ai souri. J’avais passé un bon moment. Et dans les traits de cette Chouette se confondant avec ceux d’un visage et d’une tête de cheval, j’ai entrevu l’intuitivité de la peinture. Comme s’il ne manquait plus que cela pour qu’elle résonne durablement avec la mienne.