Comme une toile qui deviendrait une boîte à souvenirs, où l’objet serait le vecteur des émotions qui nous suivent tout au long de la vie. Mikado, c’est d’abord un concours de circonstances. Près de mon atelier, à la Réunion, il y avait cette toile laissée en jachère. Et dans un sac pas loin, ces caillebotis que j’avais l’intention de jeter. Il s’agissait de vieux caillebotis sur lesquels j’avais marché en long, en large et en travers. J’avais aussi dansé dessus, je m’y étais posée pour profiter de l’air du crépuscule.
J’ai finalement décidé de les conserver. J’ai manipulé, taillé, brisé les caillebotis avant de les assembler sur ma toile. Dès lors, j’ai repensé au Mikado, ce jeu d’adresse d’inspiration japonaise que j’adorais tant quand j’étais enfant. J’y ai aussi vu les traces de mes pas, dans mon si beau jardin avec vue sur mer, qui ne s’effaceraient jamais complètement. Comme si cette histoire de bricolage se muait finalement en une arme de la mémoire.